Je comptabilise 100% de présence depuis l’acte I…
 
Mais ce soir j’appréhende…
Ça devient de plus en plus violent dans les rues de Bordeaux, gaz lacrymo, tir de flashball, grenades assourdissantes, et provocations policières : je me suis faite insulter par un CRS : « ta gueule » .  
 
Mon mollet droit porte encore la trace d’un tir de grenade de l’acte VIII. C’était dans une ruelle de Bordeaux, nous étions pourchassés comme des voyous par la flicaille… Il y a de plus en plus de blessés. Comme à chaque fois, la seule réponse aux revendications des Gilets Jaunes c’est Répression…
 
 
Ce soir, pour demain, je sais que je vais encore vivre des moments difficiles : fouille au corps sur le pont de pierre (penser à planquer le gilet et les lunettes qui me protègent des gaz lacrymo), marcher dans le froid, espérer que les troupes seront nombreuses et fidèles au rendez-vous, parler avec les gens, écouter leurs souffrances de vivre mal avec peu, ressentir la rage et la colère de ce peuple face au mépris de Macron (c’est d’la pipe, les fainéants qui déconnent)…
Je me prépare ce soir comme un soldat qui part au combat.
 
 
Je veux être là, ma place est là, sinon, tout mes combats précédents, mes réflexions, mes rêves de vie meilleure pour tous, mes espoirs d’oeuvrer pour plus d’égalité, plus de liberté, plus de fraternité ne servent à rien…Ma flamme ne vacille pas, elle reste fidèle et droite, et derrière cet apparent chaos je discerne pleine d’espoir les formes d’une humanité que je veux plus fraternelle.
A demain ?
 
Claudine GJ -Bordeaux

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