Témoignage de Camille

On a beaucoup parlé des blessés du mouvement. La violence policière fait des carnages, brise des vies, traumatise des manifestants comme de simples passants.

Sortir dans la rue devient un risque démesuré mais la colère est telle que nous sommes encore et toujours des dizaines de milliers dans le pays.

Nous n’oublions pas pour autant les morts du mouvement, tués par des automobilistes le plus souvent, mais aussi par la police à Marseille, où une dame âgée a été tuée par un tir de grenade alors qu’elle ouvrait ses volets.

Nous n’oublions pas les milliers de gardes a vue, les centaines de condamnations arbitraires, injustes, démesurées, aussi nous demandons l’amnistie pour toutes et tous les gilets jaunes et les militants poursuivis avec acharnement depuis 2016.

Nous avons rappelé que nous ne voulons pas de porte-parole, pas de service-d’ordre, pas de chefs dans ce mouvement.

Certains ont porté des brassards de différentes couleurs pour dire que tout un chacun était responsable de la sécurité du mouvement et pas plus un service d’ordre auto-designé que les autres manifestants.

Certains sont intervenus dans les médias alternatifs pour dire que les porte-paroles auto-proclamés  ne représentent qu’eux même. Comme tout un chacun.

Certains ont viré de la manifestation les mêmes militants d’extrême droite qui s’étaient permis d’attaquer des gilets jaunes et des syndicalistes il y a deux semaines puis la semaine dernière.

D’aucuns ont dit que des « figures du mouvement » avaient été menacées… Il apparait que c’était faux, juste une lamentable tentative de manipulation par l’extrême-droite.

On a donc vu des milliers de manifestants, revenir encore sur le terrain avec détermination, inventivité, solidarité.

Beaucoup regrettaient un parcours déposé dans les quartiers Est de Paris, où rien ne se passe, où rien ne se joue de stratégique, d’économique, de médiatique.

Beaucoup ont dit qu’il faudra retrouver dès l’acte XIII la fougue, la créativité et l’insolence qui ont fait notre force : repartir à la conquête des quartiers chics !

Finir blessés, gazés, frappés, humiliés à République, nous n’en voulons plus. Nous n’avons rien à gagner sur le terrain géographique et stratégique de la préfecture de police.

Et nous avons entendu que la suite était imminente, avec la journée du mardi 5 février, avec cette grève et ces manifestations dans tout le pays où ensemble gilets jaunes et syndiqués font entendre le ras le bol, la colère : La nécessité qu’ils s’en aillent tous, gouvernants politiques et économiques, à commencer par Macron.

Camille –  Gilet Jaune Paris

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