Je suis SORTIE après 17h de GARDE À VUE…

Oui oui la fille qui est écrasée au sol c’est bien moi, C. la pacifique… C. la pacifiste qui a été embarquée, menottée, et conduite en fourgon à folle allure et sirène hurlante, telle une criminelle, pour subir 17 heures de garde à vue.

Les accusations officielles : participation à un attroupement non déclaré (une manif gilet quoi…), et, la meilleure, : entrave à la circulation des moyens de secours (dans une rue piétonne, en étant agenouillée au sol, alors qu’il n’y a pas de secours sur place).

Les faits réels : avoir osé avec deux autres personnes, me mettre à genoux les mains en l’air face à une ligne de policiers.

Pour résumer…

Hier, à Caen, on a pas arrêté de se faire gazer dans des maisons, dans des jardins, en pleine rue sans sommation au milieu des passants. On était poursuivi de partout, ils gazaient à tout va et sans regarder ce qu’ils faisaient. On a protégé comme on a pu les familles et les commerces que l’on croisait au milieu de cette cohue créée par des forces de l’ordre de plus en plus répressives.

Fin de journée, on est tranquille sans gilet jaune à papoter avec des amis dans le centre ville. La BAC arrive, puis les golgotes en tenues de combat derrière. Une première interpellation se déroule alors sous nos yeux, je commence à filmer car la situation est tendue. Ils ont un comportement menaçant, agressif. Les boucliers levés font craindre un possible dérapage, alors qu’à peine cinq mètres plus loin il y a un manège avec des enfants…

La situation se crispe de plus en plus, je leur crie alors de faire attention aux enfants. PAN ! dans la gueule ! Un premier coup de bouclier pour me pousser. Je fulmine, car on était tranquille et qu’il y’a des enfants autour de nous. Leur attitude est inadmissible, et fait monter la pression ! Afin de prouver notre pacifisme et de calmer la situation, nous nous agenouillons main en l’air face eux.
Ils ont alors chargé sans sommation sans aucun motif :  il n’y avait aucun danger ou trouble. J’ai juste eu le temps de me recroqueviller  pour me protéger des coups qui pleuvaient.
J’étais au sol, abasourdie, sonnée lorsque j’ai entendu  » eux on les embarque.  » En à peine quelques secondes, j’étais trainée puis plaquée au sol face contre terre. Je hurlais de colère et de douleur, car ils forçaient sur mes bras pour me tenir.

J’ai vu V. plaqué au sol près de moi. Je lui ai demandé si il allait bien, il me répond oui.  On nous a soulevés et emmenés contre un mur. Puis, l’air est devenu irrespirable, ils venaient d’envoyer du gaz.

Je n’arrivais plus à respirer,menottée j’étais impuissante je ne pouvais pas me protéger des gazJ’ai demandé de l’aide aux policiers, juste de me protéger le visage avec mon foulard. Ils m’ont regardé suffoquer sans rien faire. Je me suis alors mise genoux la tête entre mes jambes pour essayer de me calmer et de respirer. Les gaz une fois dissipés, on nous a emmenés dans le camion.
Dans le fourgon avec nous, une enfant de 13 ans  a été aussi interpellée !  Elle aurait fait des gestes devant la Police…

Zouh direction la garde à vue. Ils sont partis en trombe, ont grillé des feux, sont montés sur le terre plein central et même sur les travaux du tram… On aurait dit qu’ils transportaient de dangereux criminels. 

Une fois arrivés au poste de police, je passe la première à la fouille. Avant d’entrer dans la salle, une policière me lance devant tout le monde :  » vous avez les cheveux longs, c’est pour exciter les hommes ?  » Je garde mon calme, je ne relève pas…

Puis, on me conduit dans une salle où deux policières m’attendent. C’est reparti pour l’humiliation :  » Vous êtes gilet jaune, vous n’avez pas de métiers hein vous ?  »  » Et puis avec vos cheveux là vous allez tous les exciter en cellule… ».

Je réplique poliment, ça en reste là. Je ne veux pas aggraver la situation, même si je trouve leurs propos déplacés, injustifiés, des propos à vomir…

Ma garde à vue se passe plutôt bien en faisant abstraction bien entendu de la cellule : repeinte avec du sang, vomi, et excréments, et des toilettes turques dont je vous passerai les détails…

Je suis ressortie le lendemain, en ayant mal au bras et aux cervicales ce qui m’a valu un jour d’ITT. A ce jour les douleurs cervicales persistent toujours… Côté judiciaire : un rappel à la loi pour attroupement non déclaré alors que je n’ai rien fait de condamnable.

Aujourd’hui, en France, on peut faire de 17h de garde à vue juste pour avoir oser lutter pacifiquement.

Je tiens à adresser un énorme merci à tous ceux qui veillent sur moi depuis des semaines et à tout ceux qui se sont inquiétés.

Gilets Jaunes, on ne lâche rien !!

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