Il en faudrait des mots qui blessent, taillent, écorchent, raclent, et mutilent, pour exprimer la rage acide, la colère tranchante, la révolte incendiaire que m’inspirent les propos de ce prétendu président à propos de Geneviève Legay.


« Quand on est fragile, qu’on peut se faire bousculer, on ne se rend pas dans des lieux qui sont définis comme interdits et on ne se met pas dans des situations comme celle-ci. »


Fragile ! La sentence est tombée, c’était donc de sa faute, elle était « fragile » !


C’est aujourd’hui de sa faute, comme c’était hier celle de Zineb, morte, sans recevoir une parole de compassion, morte en recevant un tir de grenade, chez elle, par sa fenêtre. Trop « fragile » pour vivre Zineb ? Dommage collatéral ?


Tes lambeaux de chairs dégoulinants, ton sang qui gicle, ton arcade qui explose, tes os broyés, ton oeil arraché, ton pied déchiqueté, ta main coupée, ta joue sanguinolente, tes dents défoncées, trop « fragiles » ? C’est de ta faute !


Ce n’est pas la faute de la dictature installée, défendue par des laquais serviles, de la violence et de la répression sauvage des flics, des interdictions iniques, de l’armée dans les rues, autorisée à tirer, véritables appels aux meurtres à peine déguisés.

En France, c’est désormais : marche et crève !

Personne ne s’y trompe, cette répression infâme n’a qu’une visée, nous terroriser, nous museler et nous faire rentrer chez nous. Aucun de nous n’est dupe de cette tactique de lâches ! La démesure des moyens déployés face à ces femmes, ces hommes, totalement désarmés, parle d’elle-même.


Ils ont peur de notre colère et de notre détermination, car elles sont justes. Nous réclamons notre dû : vivre dignement, fraternellement, enfin débarrassés d’un capitalisme anthropophage qui nous condamne tous à la mort !


Incapable de savoir ce que fraternité veut dire, ils ne savent pas que chaque blessé, chaque humilié, chaque insulté est notre frère ou soeur de lutte et que chaque souffrance qu’ils infligent à l’un des nôtres, nous galvanise tous et décuple notre force.


Nous ne céderons pas, il n’y a plus de retour !

Laure Camille

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